Diane Audrey Ngako : changing the African Narrative

Accompagnée, de ma génération, soutenue par les anciens, j’aimerais créer le rêve africain.

Diane Audrey, qui es tu ? Parles nous de toi, de ton parcours…

Je suis une femme africaine d’origine camerounaise et de nationalité française. Je viens d’avoir 25 ans et à cette occasion, j’ai choisi d’aller m’installer en Afrique, notamment au Cameroun pour monter mon agence de communication Omenkart et développer le business model de Visiterlafrique.com.
Niveau parcours, scolairement j’ai obtenu un bac STG suivi 5 années plus tard, d’un master II en communication stratégique. J’ai eu à faire des stages dans les 4 coins du monde dont un qui m’a mené à la Banque Mondiale à Washington DC. Professionnellement, j’ai accompagné différents entrepreneurs à développer leurs projets comme Michael Kamdem de Roots Magazine, j’ai été sa rédactrice en chef ou encore Moonlook, le site de vente en ligne d’articles mode inspirés d’Afrique de Nelly Wandji, j’étais sa chargée de communication. Par la suite, en 2014 j’ai intégré en tant que journaliste le Monde où je couvrais des sujets culture ou encore innovation en Afrique. La même année, je lançais mon propre projet, le site « Visiter l’Afrique ». En début 2015, j’ai rejoint le JT Afrique de TV5 où j’officiais les mardis en tant que chroniqueuse.

Visiter l’Afrique est un projet formidable, où en es tu de son développement? Quels sont les projets/étapes à venir?

Merci beaucoup en plus de deux ans, le projet a évolué et se porte bien. Nous sommes toujours en train de développer notre audience anglophone mais ca va. La prochaine étape est idéalement la levée de fonds prévue pour mi 2017 en espérant que notre business model suscite l’intérêt des Ventures Capital ou fonds d’investissement. Sinon, nous préparons un magazine papier pour la fin de l’année autour du voyage et le lifestyle africain (musique, art, gastronomie…)
Nous lancerons aussi pour 2017 4 voyages vers 4 destinations avec chaque fois 15 personnes. Nous pensons à des destinations telles que l’Éthiopie, la Côte d’ivoire ou encore le Malawi. Et si mon équipe et moi avons les moyens, nous éditerons le 1er guide touristique (papier) de Visiterlafrique.com

Tu dis souvent que tu veux changer le monde, quelle pierre souhaites tu apporter à l’édifice? Que souhaiterais tu « changer »?

Oui c’est vrai, c’est quelque chose d’assez fort chez moi. C’est compliqué de dire et/ou d’assumer notre envie de vouloir changer le monde mais avec le temps j’ai appris à le faire. J’ai envie de contribuer à ce que j’appelle le rêve africain. Accompagnée, de ma génération, soutenue par les anciens, j’aimerai créer le rêve africain. Dans mon cas, c’était rentrer au pays, monter ma structure et la développer afin que localement, la jeunesse ne rêve plus d’un eldorado occidental mais crée localement, le sien.

Tu es partie vivre au Cameroun, pourquoi cette envie, ce choix? Une decision difficile?

J’y pensais depuis 4 ans, j’ai eu le temps de mûrir cette idée. Le plus dur peut-être était de laisser une carrière de rêve au sein de grands médias tels que Le Monde et TV5. Deux semaines avant mon départ, j’avais été approchée par France Télévisions. J’ai toujours eu envie de suivre les traces de mon père qui avait fait ses études en France et était rentré apporter son expérience au pays. Je suis dans la même vibe. Je ne voulais plus parler d’Afrique à Paris, critiquer des systèmes sans les vivre, comprendre. Je voulais être une vraie actrice et être concrète. Et j’ai surtout l’intime conviction que l’Afrique ne se fera pas sans les africains. Les personnes qui profitent de cette croissance ne sont pas africaines, le « Africa is rising » n’est que poudre aux yeux. Les vrais problèmes, réalités… sont sur le terrain et non sur les réseaux sociaux.

Quels sont tes projets là-bas?

Monter et développer Omenkart que j’avais déjà ouvert ici à Paris. En faire une agence panafricaine avec 3 bureaux dont les premiers à Douala et Abidjan. Je souhaite créer des marques africaines fortes qui trouveront leur place en Afrique comme en occident.
Développer et dynamiser Visiterlafrique.com pour en faire encore et toujours, la référence du tourisme en Afrique.

Où te vois-tu dans 5 ans?

Je me vois à Douala, mariée, mère de famille, entourée des êtres aimés. Naturellement avec deux entreprises au top de leur forme mais aussi une grande implication au près de l’éducation de nombreuses jeunes filles en Afrique. Je pense ouvrir plus tard, dans 10 ans, une école de leadership pour femmes.

Tu m’as dit une fois que tu étais une grande rêveuse, quel est ton plus grand rêve ?

Mais tellement ! J’ai grandi avec une mère qui me traitait de rêveuse dans un sens péjoratif et je vivais assez mal d’être une rêveuse mais aujourd’hui lorsque j’observe les personnes qui font ce monde, je me rends compte que la majorité sont des rêveurs. Mon plus grand rêve ? Je ne sais pas, je dirai, continuer de faire ce que j’aime et être épanouie. Je suis très sensible à mon bien être, c’est ma priorité.

Si tu devais choisir un livre? Pourquoi?

Amkoullel, l’enfant Peul – Amadou Hampâté Bâ, sans hésitation ou presque. C’est un livre qui m’a énormément appris et apporté spirituellement et intellectuellement. Une de mes citations préférées dans le livre est : « En Afrique traditionnelle, l’individu est inséparable de sa lignée, qui continue de vivre à travers lui et dont il n’est que le prolongement. C’est pourquoi, lorsqu’on veut honorer quelqu’un, on le salue en lançant plusieurs fois non pas son nom personnel (ce que l’on appellerait en Europe le prénom) mais le nom de son clan : « Bâ ! Bâ ! » ou « Diallo ! Diallo ! » ou « Cissé ! Cissé ! » car ce n’est pas un individu isolé que l’on salue, mais, à travers lui, toute la lignée de ses ancêtres. »

Un lieu (pays/ville) qui t’a particulièrement marqué ?

Saint Louis est la ville qui m’a récemment marqué. C’est comme si le temps s’était figé depuis l’époque coloniale. Si vous aimez la photographie comme moi, vous allez vous éclater. Tout est une poésie à Saint Louis. La ville est surtout connue pour son festival de Jazz. C’était la capitale du Sénégal avant Dakar pour la petite histoire.

Une personnalité que tu admires?

Là tout de suite, je pense à quatre femmes : Oprah, Michelle Obama, Shonda Rhimes et évidemment ma mère. Elles représentent ce à quoi j’aspire. Ce sont des femmes remplies de convictions et en phase avec leurs valeurs. Elles osent s’exprimer, prendre des risques et s’assumer telles qu’elles sont. Pour moi, ces femmes sont des rock stars.

Comme un cheveu sur la soupe, on te pose une dernière question axée beauté : dis nous tes 3 indispensables beauté (make up, cheveux, soin peau)?

Sans hésitation, voici mon top 3 du moment :
– Masque au Soja de la marque Madlyn Cazalis, ça me fait une peau nickel.
– Gel Nettoyant de la marque Biolissime
– Mes rouges à lèvres dont le Fashion Legacy ou Ruby woo de MAC.

Tu étais, jadis, une parisienne 🙂 une bonne adresse (ou 2) à nous donner ?

Je le suis toujours. Je viens souvent pour deux, trois jours quand je peux notamment pour le boulot. De nombreuses décisions africaines sont encore validées à Paris. Comme nous sommes en hiver, les filles adorent se faire des tresses, mon unique adresse parisienne est : Beauté Black par Philo au 111 avenue Championet, 75018 Paris. Les coiffeuses sont extra et l’ambiance sucrée.

© #NhaMag

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *